Le Portugal attire toujours autant de francophones qui veulent changer de vie en Europe du Sud. Mais avant de trancher entre Lisbonne, l’Algarve ou Madère, une question très concrète arrive vite sur la table : quel visa déposer ? Deux options concentrent l’essentiel des demandes venant de ressortissants non européens. Le visa D7, pensé pour les revenus passifs. Et le visa D8, créé fin 2022 pour ceux qui travaillent à distance. Les deux logiques n’ont rien à voir, et une erreur d’aiguillage se paie en mois perdus.
Le bon choix ne dépend pas de vos envies mais de la nature de vos revenus. Un retraité, un propriétaire qui vit de ses loyers et un développeur salarié d’une société étrangère ne relèvent pas du même régime, même s’ils lorgnent le même appartement à Funchal. Pour un projet dans l’archipel, les services de vivreamadere.fr recensent les démarches locales, l’inscription auprès de l’AIMA et les particularités fiscales de la région autonome.
Le visa D7 : vivre de revenus déjà acquis
Le D7 est fait pour les personnes qui touchent des revenus réguliers sans travailler sur place : pensions de retraite, loyers, dividendes, droits d’auteur, rentes. Le seuil exigé correspond au salaire minimum portugais, soit 870 € par mois en 2025 et 920 € en 2026, majoré de 50 % pour un conjoint et de 30 % par enfant à charge. Dans les faits, les consulats regardent d’un meilleur œil les dossiers qui dépassent largement ce plancher, avec une épargne visible sur un compte portugais. Il faut aussi justifier d’un logement, d’une assurance santé, d’un NIF et d’un casier judiciaire vierge. Ce visa d’installation ouvre sur un titre de séjour de deux ans, renouvelable trois ans, puis sur la résidence permanente.
Le visa D8 : travailler à distance depuis le Portugal
Le D8, qu’on appelle souvent visa nomade numérique, vise les salariés et indépendants dont l’employeur ou les clients se trouvent hors du Portugal. L’exigence financière grimpe nettement : quatre fois le salaire minimum, environ 3 480 € par mois en 2025, plus une épargne équivalente à douze mois de salaire minimum. Deux variantes coexistent et la confusion est fréquente : un visa de séjour temporaire d’un an, pratique mais impossible à convertir en résidence, et un visa de résidence qui aboutit à une carte de séjour classique. C’est cette seconde version qu’il faut demander pour s’installer durablement. Contrat de travail, factures ou attestations de clients servent de justificatifs d’activité.
Comparer les deux visas point par point
| Critère | Visa D7 | Visa D8 |
|---|---|---|
| Profil visé | Retraités, rentiers | Salariés et freelances à distance |
| Revenu mensuel minimum | ≈ 870 € (2025) | ≈ 3 480 € (2025) |
| Origine des revenus | Passifs | Activité professionnelle étrangère |
| Accès à la résidence permanente | Oui, après 5 ans | Oui, avec la version résidence |
Les points à vérifier avant de déposer votre dossier
Le seuil de revenus n’est pas tout. Plusieurs éléments pèsent lourd pendant l’instruction et gagnent à être préparés très en amont :
- La régularité des revenus sur les six à douze derniers mois, examinée de plus près que leur montant à un instant donné.
- Un bail ou un acte d’achat couvrant au moins douze mois de logement.
- Le régime fiscal applicable : l’IFICI a remplacé le RNH et exclut désormais les pensions.
- Les délais de rendez-vous consulaires, souvent le vrai goulot d’étranglement.
- Le nombre de jours passés hors du Portugal, encadré pour le renouvellement du titre.
Un cas revient souvent : l’indépendant qui cumule loyers et missions clients ne sait pas où se ranger. Le D7 reste jouable si les revenus passifs couvrent à eux seuls le seuil demandé.